Problèmes d'utérus ou de filière génitale

10.7.3 Problèmes d'utérus ou de filière génitale 149 10.7.3 Problèmes de l’utérus et du canal génital (Prolapsus vaginal, inversion utérine, écoulements vulvaires, rétention placentaire, endométrite)

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10.7.3.1 Prolapsus vaginal C’est le terme utilisé lorsque le vagin sort de la vulve. On voit un ballon de tissus rouges qui est poussé hors de la vulve, et la mère pousse et fait des efforts, comme si elle essayait de mettre bas. Cela se produit habituellement durant les derniers mois de la gestation lorsque le fœtus devient gros ; lorsque la mère est couchée, la pression du gros veau pousse le vagin vers l’extérieur.

Traitement Positionner la mère afin que sa tête se trouve en contrebas. Si nécessaire, creuser un trou superficiel (d’environ un pied de profondeur) où sont placés ses pattes avant ;

Avec l’animal debout et sa tête en contrebas, il faut laver et rendre le ballon de tissu rouge glissant avec du savon. (S’il y a la moindre plaie ou des larves, il faut les traiter).

Pousser doucement le vagin prolabé dans la vulve.

Après avoir repoussé le vagin à l’intérieur, le maintenir délicatement en place pour au moins 5-10 minutes sinon la mère le repoussera de nouveau. Il peut être maintenu à l’intérieur en maintenant la vulve fermée par la main extérieure.

Après que la mère a arrêté de pousser, ôter la main et observer de près l’animal durant une demi-heure. L’empêcher de se coucher pour les heures qui suivent sinon il poussera de nouveau le vagin à l’extérieur.

Conseiller au fermier de nourrir la mère par petites quantités de nourriture plusieurs fois par jour. Ceci permettra à la panse de prendre moins de place dans le ventre.

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Si la mère se remet à faire des efforts, il faut l’observer et ne pas la laisser se coucher durant plusieurs heures.

Si la mère continue de faire des efforts et de pousser le vagin vers l’extérieur, il faudra le contenir à l’intérieur avec des cordes, ou une suture. (Voir le diagramme pour l’utérus prolabé). Cependant, c’est dangereux car il faudra ôter les cordes immédiatement lorsque la mère commencera la mise-bas.

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10.7.3.2 Prolapsus utérin Ceci est le terme utilisé quand l’utérus se retourne à l’envers et sort par le vagin. Ceci apparaît habituellement quelques heures après la mise-bas. Chez des vaches laitières très productives, c’est souvent associé à la fièvre du lait (un manque de calcium). On le voit aussi assez souvent chez les bufflonnes.

Traitement :

Répondre rapidement à l’appel. Si l’utérus a été hors du ventre durant plus de 8 heures, la mère d’habitude meurt. Cependant, 80% des animaux qui sont traités rapidement survivront.

Nettoyer soigneusement l’utérus et le repousser dans la mère. C’est souvent difficile à réaliser car la mère essaie de le repousser à nouveau ! On repoussera l’utérus dans la mère, qu’elle soit debout ou allongée.

Position allongée : positionner la mère de telle manière que l’extrémité frontale est en contrebas (si possible) pour éviter qu’elle ne pousse fort, et afin que les forces de gravité œuvrent avec vous. Faire ceci en creusant un trou peu profond et y placer son extrémité frontale, ou placer de la paille sous son train arrière, ou tirer ses pattes arrière en arrière d’elle. (Voir le diagramme.)

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Position debout : dans cette position également, essayez de positionner la mère de telle manière que son extrémité frontale soit en contrebas.

Procédure à suivre pas à pas pour traiter un prolapsus utérin Nettoyer l’utérus proprement. C’est plus facile de placer tout l’utérus dans une bassine d’eau claire et de le laver avec du savon.

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Oter le placenta, si possible.

S’accroupir (ou rester debout si la mère est debout) derrière la mère et soulever doucement l’utérus.

Appliquer du savon pour rendre l’utérus glissant.

Pousser lentement l’utérus en arrière dans le vagin à travers la vulve. Il sera peut être nécessaire d’appliquer plus de savon pour rendre l’utérus plus glissant.

Quand on pousse, faire attention de ne pas faire de trous dans l’utérus avec les doigts.

Le processus peut prendre du temps, même plus d’une heure.

S’assurer que l’utérus est mis dans une position correcte à l’intérieur de la mère ; autrement, elle le poussera de nouveau vers l’extérieur.

Si l’utérus est gonflé, empêchant ainsi la remise en place, appliquer de l’eau froide (et du sucre si possible) pour réduire l’œdème. Le plus important est de penser à rendre l’utérus glissant et garder l’extrémité frontale de la mère maintenue en contrebas.

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Placer des bolus d’antibiotiques contenant du sulfamide, de la tétracycline, ou de la furazolidone à l’intérieur de l’utérus. Si les bolus ne sont pas disponibles, utiliser des capsules contenant 500 mg de tétracycline (pour les humains).

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Donner une injection d’antibiotique tel que la pénicilline, l’ampicilline ou la tétracycline.

Examiner et si nécessaire, traiter l’animal pour la fièvre du lait.

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Empêcher l’animal de repousser l’utérus par l’une des méthodes suivantes :

Nouer un “anneau” autour de la vulve afin que l’utérus ne ressorte pas.

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Placer 3 ou 4 points de suture, avec du matériel de suture épais sur la vulve pour la fermer. Les points doivent être ôtés après 3 jours.

Autoriser le petit à boire afin que de l’ocytocine soit produite et contracte l’utérus pour éviter qu’il ne ressorte. Si le petit n’arrive pas à boire, donner alors une injection d’ocytocine à l’animal.

Si la mère était couchée, la relever sur ses pieds. Il faudra peut-être 5 à 6 personnes en renfort pour la lever. Si elle continue d’essayer de repousser son utérus, alors garder son extrémité frontale maintenue en contrebas.

10.7.3.3 Ecoulements vulvaires Ce qui suit décrit les différents types d’écoulements vulvaires et leur signification :

Clair, un liquide glissant au moment de la chaleur : un signe normal de chaleur.

Légère perte de sang : un signe normal peu après une période de chaleur (c.-à-d. qu’il est trop tard pour la faire féconder).

Ecoulement rougeâtre durant la première semaine après la mise-bas : un symptôme normal aussi longtemps que la vache mange et n’a pas de fièvre.

Un écoulement malodorant provenant de la vulve : un signe de métrite (c.-à-d. une infection de l’utérus).

Peu après la mise-bas, cet écoulement peut souvent être un mélange de sang et de pus et peut causer une maladie grave et même la mort.

Un écoulement chronique est souvent composé de pus et n’entraîne pas de maladie grave, mais peut entraîner une infertilité.

Pour le traitement, voir l’endométrite. Voir page 154.

10.7.3.4 Rétention placentaire On parle de rétention placentaire quand le placenta ne sort pas dans les heures qui suivent la mise-bas. Ce problème peut provenir de déficiences nutritionnelles, de maladies infectieuses, d’une naissance difficile ou d’autres facteurs. Une rétention placentaire peut entraîner une infection utérine, appelée « métrite ». Voir page 154. Une métrite peut rendre un animal très malade.

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Traitement : Durant les 6 à 12 premières heures suivant la mise-bas la délivrance se fait tout normalement. Si elle n’est pas complète ou difficile, donnez du Chlorure de magnésium (80g par jour dans l’eau ou sur les aliments) durant 10 jours. Ne jamais tirer sur le placenta, car il y a le risque d’abîmer l’utérus et de rendre la femelle infertile, c’est très risqué. Il faut défaire les cotylédonés une par une très soigneusement. Surveiller qu’il n’y a pas d’odeur. La femelle peut naturellement expulser le placenta durant 30 jours après la mise-bas.

Si après 2 jours le placenta n’a pas été expulsé et s’il y a de mauvaises odeurs, le meilleur traitement préventif est de mettre des bolus d’antibiotiques dans l’utérus, et en plus de donner une injection d’antibiotiques pour prévenir l’endométrite. Cependant, dans des zones isolées, où les médicaments et l’aide d’urgence sont difficiles à obtenir, il faut ôter le placenta manuellement. Bien que faire une délivrance artificielle soit moins indiqué, car on peut endommager l’utérus, cela permettra néanmoins d’éviter une endométrite grave, une toxémie ou même la mort. Renouveler une cure de magnésium si nécessaire.

L’exception des juments : une rétention placentaire chez les juments est bien plus sérieuse que chez les autres animaux, car les juments sont plus sujettes à des métrites graves. Si le placenta n’a pas été expulsé dans les 3 heures qui suivent la mise-bas, donner 10 UI d’ocytocine dans le muscle toutes les heures jusqu’à ce que le placenta sorte. Si le placenta ne sort toujours pas après 6 heures, donner une injection d’antibiotiques (par ex. de la pénicilline) et continuer les antibiotiques durant 5 jours. Ne pas ôter le placenta manuellement car cela pourrait donner une hémorragie.

L’exception des cochons : s’il y a rétention placentaire chez un cochon, donner 10 UI d’ocytocine toutes les deux heures pendant le premier jour. Si le placenta n’est pas expulsé le second jour, arrêter les injections d’ocytocine et donner des injections d’antibiotiques pour éviter une maladie grave due à une endométrite. Continuer les antibiotiques durant 3-5 jours.

Pour ôter manuellement le placenta des bovins, des buffles, des chèvres et des moutons Demander au propriétaire de tenir la queue, ou l’accrocher d’un côté.

Laver soigneusement la vulve et la zone autour avec de l’eau savonneuse.

Mettre un manchon en plastique au bras (si disponible), et le laver avec de l’eau savonneuse. Attention : ne jamais s’occuper d’un animal qui vient juste d’avorter sans porter des gants en plastique ou un manchon. Toujours se laver les mains et les bras après. Voir page 139.

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4. Insérer le bras dans l’utérus aussi loin que possible. Si le col est déjà fermé, alors votre bras n’ira pas plus loin que le vagin.

5. Détacher et ôter doucement autant de placenta que possible. Comme le placenta sera glissant, essayer en l’enroulant autour du doigt plusieurs fois afin de bien le tenir durant le retrait.

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Rincer l’utérus avec 1-2 litres d’eau propre, tiède 37°C et savonneuse ou utiliser une solution désinfectante comme la potasse, le Savlon, de l’iode ou de la Chlorhexidine. Pour rincer l’utérus, utiliser un long tube étroit d’un mètre ou un tuyau avec des bords en mousse. Si le col est ouvert, y insérer la fin du tuyau. Si le col est fermé, tenir le bout contre le col. De l’autre côté du tuyau, placer un entonnoir et verser la solution dans l’entonnoir. Attendre quelques minutes que l’animal repousse la plupart de la solution vers l’extérieur.

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7. Placer des bolus d’antibiotiques dans l’utérus. Même si le col est quasiment complètement fermé, les bolus peuvent être fractionnés en petits bouts et poussés à travers le col. Presque tous les antibiotiques sont efficaces tels que la tétracycline, le sulfamide ou la furazolidone. Voir page 151. Si les bolus ne sont pas disponibles, utiliser 6 capsules de tétracycline qui contiennent chacune 500 mg (utilisées pour les humains).

8. Donner une injection d’antibiotiques.

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Prévention Permettre au petit de boire immédiatement après la naissance. La tétée va libérer de l’ocytocine dans le corps de la mère, entraînant une contraction de l’utérus qui va expulser le placenta. La libération d’ocytocine va aussi permettre la prévention d’un prolapsus utérin. Certains vétérinaires donnent aussi une injection d’ocytocine.

10.7.3.5 Métrite La métrite veut dire infection de l’utérus. Il en existe deux types :

L’endométrite aiguë, qui se développe rapidement (d’habitude après la mise-bas), et peut rendre un animal très malade.

L’endométrite chronique, qui dure longtemps et ne cause pas de maladie grave mais peut entraîner une stérilité.

L’endométrite peut provenir de différentes causes :

1. Des infections qui produisent des avortements, comme la brucellose ou la leptospirose. Voir page 161.

2. Une rétention placentaire.

3. La contamination de l’utérus, souvent due à des conditions d’hygiène défectueuses durant la mise-bas (mains-, équipement-, litière sales).

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Symptômes Pus ou un autre écoulement vulvaire.

Douleur au ventre (surtout en cas d’endométrite aiguë).

Fièvre (surtout en cas d’endométrite aiguë).

Manque d’appétit (surtout en cas d’endométrite aiguë).

Infertilité (dans les cas chroniques).

Diagnostic :

Basé sur les symptômes.

Traitement : un utérus infecté est comme une « plaie infectée ». Il doit être nettoyé, et il faut utiliser des antibiotiques pour contrôler l’infection. Voir page 151.

L’endométrite aiguë, peu après la mise-bas : traiter comme une rétention placentaire (utérus propre, insérer des antibiotiques, et donner des injections d’antibiotiques).

Endométrite chronique, longtemps après la naissance : placer des antibiotiques dans l’utérus en utilisant une pipette longue (des techniciens entraînés en insémination artificielle ou “IA” savent comment le faire) ; ou l’auxiliaire vétérinaire peut simplement donner une injection d’antibiotiques.

Alternative : une façon plus efficace et naturelle de traiter l’endométrite est d’utiliser une injection de prostaglandines. Voir page 131. Ceci met l’animal en chaleur de manière répétée (appelé “cycle court”) jusqu’à ce qu’il soit guéri. On donne une injection de prostaglandines tous les 11 jours à partir du début de la précédente période de chaleur. Les fréquentes périodes de chaleur utilisent les défenses personnelles de l’animal pour traiter l’endométrite.

Note : si un animal a un écoulement vulvaire de pus épais, il peut avoir une “endométrite purulente”, un utérus rempli de pus qui est difficile à soigner. Un des traitements recommandés est de l’amener en chaleur en utilisant une hormone appelée « œstrogène ». Voir page 131. Une fois en rut, l’animal peut être mis en “cycle court” en utilisant des prostaglandines.

Attention : il faut manipuler avec précaution les œstrogènes et les prostaglandines car elles peuvent faire avorter des animaux gestants (et aussi les humains !)